linda cristal

Le destin de Linda Cristal était déjà tumultueux avant sa naissance!

Née Marta Victoria Moya Peggo Burges à Buenos-Aires le 23 février 1934, elle est la fille d’un couple italo-français ayant dû s’expatrier pour raisons politiques en Amérique du sud. Le père de notre jeune héroïne n’en a pas fini avec les autorités puisque éditeur de son état, il devra encore s’exiler à Montevideo en Uruguay pour échapper à la prison. C’est là que la future Linda Cristal grandira et fera ses études.

Ses parent auraient pu lui farcir sa jolie tête d’idéaux grandioses mais la belle et douce enfant avait l’âme poétique et se rêvait actrice. Et puis le destin ne leur en laissera pas le temps. La vie est difficile. Le père de Linda, réfugié politique ne trouve pas de travail et peine à faire vivre sa famille avec un minimum de décence. Sa maman est atteinte de diabète et souffre beaucoup. Tout s’arrête d’un coup. Un accident de voiture auquel seule Linda survivra. Elle n’avait que six ans au moment du drame et en gardera un souvenir confus. Durant des années, elle occultera complètement l’accident de sa mémoire et vivra persuadée que sa maman est morte faute d’insuline et que son père incapable de lui survivre a ouvert le gaz.

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Si elle oublie l’accident elle n’oublie pas ses rêves d’actrice. Elle s’orientera donc vers de sages études au conservatoire!

Avec ce qu’il faut bien appeler une beauté fracassante, un talent certain et une paire de jambes à faire crever Betty Grable de rage, Linda n’a aucun mal (ou si peu) pour faire ses débuts au cinéma. Elle a tapé dans l’œil de Miguelito Aleman. Producteur réalisateur mais aussi et surtout, fils du président mexicain. ca aide.

Elle tournera neuf films pour lui.

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L’Argentine d’abord, le Mexique ensuite, réclament la jeune beauté que l’on imagine déjà en déesse des écrans succédant à Dolorès del Rio ou Lupe Velez.

En 1956 elle est victime d’un second accident de voiture qui nécessite une longue hospitalisation. C’est ce second accident qui lui remettra en mémoire le premier, celui où ses parents avaient péri. Elle connaît une phase de dépression et songe à tout abandonner alors même que le Mexique tout entier est à l’affût du moindre bulletin de santé. Linda a été couronnée « plus belle fille du pays ».

Le destin, déjà facétieux de la belle va en décider autrement. pas de retraite pour le moment.  Si le séduisant minois de la belle fait merveille des les gazettes, les rôles qu’on lui a proposés ne sont guère fantasmagoriques. Jusqu’à ce que…par on ne sait quel miracle, une offre va venir d’Hollywood! Ou plus exactement d’Universal.

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Au milieu des années 50 on commence à se gausser tout doucettement de voir des comédiennes anglaises, irlandaises et pourquoi pas américaines tant qu’on y est, grimées en créatures exotiques. Un vent de révolte souffle une bouffée de réalisme sur les écrans! Après Luise Rainer et Katharine Hepburn en chinoises, Ingrid Bergman en espagnole, Jennifer Jones ou Gene Tierney en tout et en n’importe quoi, on aimerait un peu plus de crédibilité à défaut de réalisme. Et donc, Hollywood va s’étoffer de comédiennes importées des pays concernés. Cathy Jurado fera partie du contingent et si Maria Félix refuse de « venir porter des paniers à Hollywood alors que dans son pays elle porte des couronnes », Linda accepte. Dans son pays, elle ne porte rien encore…ou si peu. Linda débarque donc pour jouer comme il se doit les beautés exotiques dans un western au côté de Dana Andrews: « Comanche ».

Le film sort sur les écrans en 1956 et si Linda a le seul rôle féminin un tant soi peu important de « Comanche », il est clair que ce n’est pas non plus « Le roman de Marguerite Gauthier »

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Mais pour la belle enfant, ce n’est pas un coup pour rien, même si vu d’Hollywood c’est un peu « un coup d’épée dans l’eau » Elle peut rentrer au pays la tête haute, nimbée de prestige des actrices sanctifiées par Hollywood. Hollywood qui est peut-être depuis les années 20, la première religion d’Amérique latine! Elle peut maintenant tenir la dragée haute aux producteurs, choisir ses rôles et pinailler sur ses cachets! Et puis elle n’est pas rentrée les mains vides! Elle a un contrat! Des films à Hollywood, elle en fera encore, c’est écrit noir sur blanc!

C’est d’ailleurs ça le problème. Linda et Universal se font traduire en justice par une société de production mexicaine qui fait valoir ses droits sur l’actrice et réclame plusieurs millions de dollars de dommages et intérêts à la fois au studio Universal et à Linda.

En attendant le dénouement de cette affaire, Linda passe sont temps libre à la Havane et accessoirement avec John Saxon.

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Elle retournera même à Hollywood pour s’y marier! Très furtivement il est vrai, avec Robert W Champion, un mariage qui durera , du moins officiellement un an, de 1958 à 1959. Ils se sont rencontrés à l’inauguration d’un hôtel casino à la Havane, invités par Conrad Hilton et présentés par Ann Miller. Bon Champion est le frère de Gower Champion mais ils n’ont strictement aucun contact. Bon fait fortune dans les pétroles et son siège social est loin d’Hollywood: A Caracas! Et c’est là, encore une fois, tout le problème. Malgré les troubles qui secouent le Venezuela, Bob s’y rend pour ses affaires. Linda est au Mexique où elle court les festivals de cinéma pour le compte d’Universal.

Le couple Champion finit par se retrouver à New-York pour fêter Noël. Mais le 1 janvier, Bon repart à ses affaires. Linda se confie: « Je suis invitée par Conrad Hilton a l’inauguration de son hôtel au Caire. J’espère y croiser mon mari! » Elle devra se conter du Sphinx et des pyramides. Linda demande le divorce : « En neuf mois de mariage nous nous sommes vus à peine trois mois »

Si l’on fait exception de ce mariage éclair, la fin des années 50 est une période bénie pour Linda Cristal. Considérée comme une véritable star en devenir, on lui permet de sortir de ses emplois de beauté exotique. Carmen Miranda ou Dolorès del Rio ne pourront jamais en dire autant.  Elle avait fait feu de tout bois pour empêcher les spectateurs de « The Perfect Furlough de fuir à toutes jambes » Elle jouait la « bombe argentine » entre Tony Curtis et Janet Leigh. Sa prestation dans un rôle indéfendable lui vaudra un golden globe, celui de la star la plus prometteuse de l’année »! C’était mérité, pour s’être tirée sans trop de déshonneur d’une telle daube!

Dès lors, Linda va mettre les bouchées doubles, signer de bons rôles (enfin!) dans des films très attendus. John Wayne la réclame. Il est vrai qu’elle est son type de femme mais il en restera pour ses frais.

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En 1960, Linda convole une seconde fois en Amérique. Je le précise car elle avait déjà été mariée avant de venir tourner à Hollywood mais ce mariage avait été tout bonnement annulé et ne valais pas la peine, selon Linda, qu’il en soit fait mention.

Et donc, en 1960, actrice très courtisée, elle épouse un acteur qui l’avait été nettement moins qu’elle. Si peu courtisé, même, qu’il s’était reconverti dans l’immobilier. Elle devient donc madame Yale Wexler et très vite la maman de deux enfants.

C’est alors que Linda va commettre le crime de lèse majesté cinéma: Refuser les offres qui pleuvent sur sa jolie tête pour s’occuper de ses enfants. Elle a même poussé l’outrecuidance jusqu’à s’installer à Chicago!

Il faudra toute la persévérance de la chaîne NBC pour qu’elle accepte un rôle dans la série « Le Grand Chaparral ». Une sorte de  saga familiale d’avant Dallas et Dynasty qui se tourne en Arizona. Le grand chaparral n’étant pas le blaze d’un personnage mais bien la zone qui sépare les hautes montages boisées des plaines arides de l’ouest, une sorte de savane américaine. Il était donc impossible de tourner cette série ailleurs qu’en décors naturels et Linda se retrouva embringuée dans un tournage qui allait durer…4 ans et la faire apparaître dans presque 100 épisodes.

Elle restera à jamais Victoria Cannon comme Joan Collins restera Alexis Colby Dexter Carrington dans le souvenir américain.

Devenue une icône de télévision, elle participera à toutes les séries possibles et imaginables jusqu’à la fin des années 80 mais sera trop occupée à la télévision pour encore honorer dignement le grand écran. Linda éloignée des plateaux fera longtemps une intéressante collection de millionnaires qui lui prêtaient volontiers leur jet privé pour emmener un de ses fils chez le dentiste mais n’envisagera plus jamais le mariage.

On apprenait sa fin discrète le 27 juin 2020 dans sa luxueuse villa de Beverly Hills. Linda s’en est allée paisiblement dans sa 89ème année.

Celine Colassin

linda cristal

QUE VOIR?

1952: Cuando levanta la niebla: Avec Maria Elena Marques

1953: Fruto de tentación: Avec Irasema Dilian

1953: El lunar de la familia: Avec Sara Garcia

1956: Comanche: Avec Dana Andrews

1958: The Perfect Furlough: Avec Janet Leigh et Tony Curtis

1958: The Last of the Fast Guns: Avec Jock Mahoney et Gilbert Roland

1958: The Fiend Who Walked the West: Avec Hugh O ‘Brian

1959: Siete pecados: Avec Lilia del Valle

1959: Le legioni di Cleopatra: Avec Georges Marchal

1960: La donna dei faraoni: Avec Pierre Brice

1960: The Alamo: Avec John Wayne et Richard Widmark

1968: Panic in the City: Avec Howard Duff

1974: Mr. Majestyk: Avec Charles Bronson

1977: Love and the Midnight Auto Supply: Avec Michael Parks et Scott Jacoby

 

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